Élargissement de la consigne : une adaptation nécessaire en Abitibi-Ouest
Depuis le 1er mars, tous les contenants en plastique de 100 millilitres à 2 litres sont consignés. Mais pour certains lieux de collecte en Abitibi-Ouest, ces changements impliquent beaucoup d’ajustements. Au point que certains renoncent à récupérer les consignes. Les bouteilles de lait, de jus ou encore d'eau peuvent maintenant être rapportées dans des points de collecte. Tous les contenants en plastique de 100 millilitres à 2 litres sont consignés et le montant de la consigne est de 10 sous sur la majorité de ces contenants. En Abitibi-Témiscamingue, de nombreux commerces sont identifiés comme points de collecte, notamment des épiceries ou des dépanneurs. Mais avec ces nouvelles règles, certains établissements renoncent à collecter les consignes. C’est notamment le cas de l’épicerie Gauthier, à Sainte-Germaine-Boulé. L’épicerie était déjà un point de collecte en 2005, quand Mélanie Hardy a racheté l’établissement. Mais depuis le 23 février, l’épicerie Gauthier ne prend plus de produits consignés. L'épicerie Gauthier de Sainte-Germaine-Boulé est un point de collecte de la consigne depuis des dizaines d'années. Photo : Radio-Canada / Mathilde Blayo Avec les nouveaux produits consignés depuis le 1er mars, le volume de sacs à entreposer risquait d’augmenter considérablement. Mélanie Hardy regrette aussi le manque d’accompagnement et d’information pour les points de collecte comme le sien. L’investissement nécessaire et la charge de travail pour la gestion de ces nouveaux contenants ne valaient pas le coût pour Mélanie Hardy, qui a prévenu rapidement ses clients de la fin de la consigne dans son établissement, y compris pour les canettes en aluminium. Elle les a orientés vers Palmarolle, à l’épicerie Marché Tradition Marion et Fils, désormais plus proche point de collecte pour la population de Sainte-Germaine-Boulé. L’épicerie Marion et Fils offre le service de collecte des consignes depuis 25 ans. Photo : Radio-Canada / Lise Millette L’épicerie est un point de collecte depuis 25 ans. Elle est déjà dotée d’une machine automatisée pour récupérer les produits consignés. Pour s’adapter à l’élargissement de la consigne et l'augmentation des volumes, l’entreprise va se doter de machines supplémentaires. En avril, un kiosque sera disponible à l’extérieur du magasin, sur le stationnement. D’autres établissements plus petits ont décidé de continuer, comme l’épicerie Roger Plante 2.0 à Authier Nord. Malgré ces contraintes, la décision a été prise de rester un lieu de collecte. Une entente a aussi été passée avec la personne chargée de la collecte sur la zone pour l’entreprise Recycan, qui passait toutes les trois à cinq semaines pour récupérer les sacs de contenants. Un centre de dépôt de consignes Recycan. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme Il est aussi prévu d'aménager un nouvel espace de stockage dans un abri à l’extérieur de l’établissement, notamment pour une question d’hygiène. Sur l’ensemble du Québec, les établissements-relais comme ces épiceries seraient environ 3500. Mais d’ici mars 2027, 400 lieux dédiés à la collecte des produits consignés devraient voir le jour partout au Québec, alors que la consigne sera élargie à d'autres contenants.Ce qui est plus difficile pour nous, c’est vraiment l’espace, qui était déjà restreint
, explique la propriétaire de l’épicerie, Mélanie Hardy.
Quand les clients arrivent avec leurs sacs, comment il faut gérer ça? Comment il faut séparer les contenants? Ça, s’était vraiment le néant, ou je n’ai pas eu l’information peut-être
, rapporte-t-elle.
On est bien équipés pour répondre à la demande de tout ça
, assure Devin Marion, copropriétaire de l’établissement.Un service de proximité
Les clients ont tendance à mélanger et puis quand nous on remettait la consigne au représentant de Recycan, souvent on avait des sacs refusés parce que non conformes, donc ça exigeait que, nous, on le refasse. C’est des frais, beaucoup d’énergie en temps humain
, raconte Agapo Néron-Cloutier, conjointe du propriétaire.En tant que service de proximité, c’était moins de trouble d’offrir ce service que de ne pas l’offrir. […] On le doit aux citoyens d’une manière ou d’une autre comme un service essentiel
, considère Agapo Néron-Cloutier.
Il nous a promis d’être présent pour nous et de venir sur une base plus régulière et que s’il y avait des débordements, on n’avait qu’à le prévenir et il viendrait
, indique Agapo Néron-Cloutier.C’est sale, la consigne, ça n'amène pas juste des rongeurs, mais aussi des mouches. C’est tout le temps un peu stressant de devoir gérer ça. Est-ce que les gens vont bien rincer, surtout le lait?
s’interroge Agapo Néron-Cloutier.
Advertising by Adpathway









